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TURLUPIN Paris, novembre 1642. Le cardinal de Richelieu, dont les adversaires sont plus résolus que jamais, s'apprête à frapper un coup qui devrait pour longtemps briser l'arrogance de la noblesse il n'est bruit que du "grand jeu de volant de M. de Saint-Chéron " - et des dix-sept mille têtes qui vont tomber ce jour-là. Mais le destin, qui suit son propre chemin, en décidera autrement. Grâce à un bouffon, le perruquier Turlupin, qu'un jeu de circonstances cocasse mènera à une fin tragique, la vieille France vouée à la mort triomphera une fois de plus des idées d'un temps nouveau. Roman picaresque, burlesque, fantaisie historique obéissant aux règles du feuilleton, Turlupin (1923) arbore des couleurs de genres bien innocents. Mais qu'on ne s'y trompe pas à l'instar d'Arthur Schnitzler, l'un de ses maîtres, Perutz, écrivain constructiviste, ne déploie tant d'attraits - humour, suspense, jeux de style - que pour mener le lecteur au cœur de sa réflexion - en l'occurrence une méditation désabusée sur le sens, ou plutôt le non-sens, de l'histoire. Le livre vu dans la presse : |
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LA NEIGE DE SAINT PIERRE Le 2 mars 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin récemment engagé par le baron von Malchin pour soigner les paysans de son village de Morwede, émerge d'un long coma dans un hôpital d'Osnabrück en Westphalie. A peine les terribles événements des cinq dernières semaines lui sont-ils revenus en mémoire qu'il s'enquiert, auprès de l'infirmière et du médecin-chef, du baron, de Bibiche, sa bien-aimée menacée de mort, de la révolte, mais on lui rétorque qu'il divague, qu'il a tout simplement été renversé par une voiture. Or Georg reconnaît parmi les infirmiers les protagonistes du drame qu'il a vécu à Morwede... Cauchemar? Délire? Conspiration? Étayés par la structure " policière " du récit, les thèmes chers à Perutz ne tardent pas à apparaître : manipulation de l'Histoire, précarité de la frontière entre raison et folie, aveuglement de l'homme qui cherche à faire et à comprendre sa propre histoire. Fable trop transparente en pleine ascension du nazisme, la Neige de saint Pierre, œuvre d'un écrivain juif, fut interdite peu après sa sortie en 1933. Le livre vu dans la presse : |
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LA NUIT SOUS LE PONT DE PIERRE Lorsqu'au cœur de la nuit, sous le pont de pierre de la Moldau, la fleur du romarin se blottit contre la rose rouge, au château de Prague, la belle épouse du juif Mordechai Meisl s'endort dans les bras de l'empereur. Elle ne sait comment elle est venue la', il ne sait qui l'a amenée: un charme plus puissant que toutes les puissances de ce monde les retient prisonniers... Dans son " roman de Prague " - quatorze tableaux reliés entre eux par un subtil jeu de leitmotive et de contrepoints - Leo Perutz ressuscite avec une maestria digne des kabbalistes qu'il met en scène la capitale de la Bohème et du Saint Empire au début du XVIIe siècle - ville double où, à l'arrogance du " château ", aux coûteux caprices d'un empereur amoureux de ses songes et aux intrigues de ses secrétaires, valets, bouffons, astrologues et alchimistes, répond et s'oppose la piété de la pittoresque " cité juive ", fief du richissime Mordechai Meisl. Entre ces deux villes, entre ces deux hommes, aucun lien apparent, et pourtant... Le livre vu dans la presse : |
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LA TROISIÈME BALLE En 1519, Fernand Cortez marche sur Tenochtitlan, l'actuelle Mexico, et obtient la soumission de l'empereur Montezuma. Si le conquistador parvient à s'emparer du trésor des Aztèques, non seulement tout le Nouveau Monde mais une grande partie de l'Europe vont tomber sous la coupe, de Charles Quint, c'est-à-dire de l'Espagne et de l'Eglise catholique. Un seul homme peut encore renverser le cours des événements: le rhingrave Grumbach, Allemand luthérien prêt à s'allier au Diable pour combattre l'inquisition abhorrée. Or Grumbach ne dispose que d'une arquebuse et de trois balles: il destine l'une à Cortez, l'autre au duc de Mendoza, qui a enlevé sa bien-aimée, la jeune Indienne Dalila ; quant à la troisième... En relatant l'épopée de Cortez, Leo Perutz, dans ce roman baroque écrit en 1915, alors qu'il se remet d'une grave blessure reçue au front, inflige à l'Histoire la première de ces égratignures ou "alternatives ", reflets d'un scepticisme historique profond, qui, jointes à une véritable science de la composition et à une certaine jubilation de l'écriture, signeront toutes ses œuvres à venir. Le livre vu dans la presse : |