Le Diable en France, que Lion Feuchtwanger a écrit dès son arrivée aux États-Unis et qui parut pour la première fois en 1942, est le seul document autobiographique que l'auteur ait publié. Comme Feuchtwanger l'explique lui-même à la fin de son récit, il renonce à publier l'ultime chapitre – celui qui aurait retracé les conditions assez rocambolesques de sa fuite à travers l'Espagne et le Portugal, un périple qui le mènera finalement jusqu'à New York – parce qu'il ne veut pas mettre en danger la sécurité et la vie de ceux qui, en France, l'ont aidé et dont certains vont poursuivre ces activités semi-clandestines jusqu'en 1942 : grâce à eux, près de trois cents personnes pourront quitter l'Europe et trouver asile aux États-Unis, et parmi eux des artistes renommés comme Wanda Landowska, Max Ernst ou Marc Chagall.
Les autorités américaines avaient donné à leurs consulats en Europe des instructions extrêmement sévères en leur interdisant de délivrer des visas d'immigration aux personnes qui cherchaient à fuir l'Europe. Le hasard ou la Providence, comme Lion Feuchtwanger aime à le dire, ont voulu qu'un inconnu prenne une photographie de lui, au camp des Milles, et qu'il l'envoie à son éditeur américain, B.W. Huebsch, à New York. Celui-ci alerte immédiatement Eleonore Roosevelt, à Washington. Elle informe le président de cette situation, et c'est ainsi que se met en place le Presidential Emergency Advisory Committee, la structure qui va permettre à Lion Feuchtwanger et à sa femme, mais aussi à d'autres intellectuels comme Heinrich Mann, Franz Werfel ou Max Ernst de quitter l'Europe.
Pour ne pas éveiller les soupçons des autorités françaises et pour échapper ensuite aux indicateurs nazis qui tentent d'intercepter in extremis les candidats à l'émigration en Espagne ou dans le port de Lisbonne, Lion Feuchtwanger se fait établir de faux papiers d'identité, prenant le nom de J.L. Wetcheek, pseudonyme qu'il a utilisé dans sa jeunesse et qui est la traduction littérale de son nom en anglais, tandis que sa femme Marta est en possession d'un passeport établi au nom de Feuchtwanger, un patronyme qui, vu la notoriété de son mari, pouvait lui être fatal. Finalement, après bien des tractations, des espoirs déçus et des angoisses, les Feuchtwanger passent la frontière espagnole en empruntant les sentiers des contrebandiers à travers les Pyrénées, puis arrivent sans trop d'encombre à Barcelone où il prennent le train pour le Portugal. Enfin, ils arrivent à Lisbonne où Lion Feuchtwanger parvient à s'embarquer sur l'Excalibur. Il arrive à New York le 5 octobre 1940. Dès le lendemain, il se met au travail : comme il pense avoir perdu définitivement le journal qu'il a tenu pendant tout le temps de son internement, il veut tenter de fixer au plus vite tous les événements qu'il vient de vivre, mais surtout, il éprouve un désir irrépressible de témoigner, de se faire le porte-voix de tous ceux qui ont partagé son sort et qui, souvent, n'ont pas eu la chance d'échapper aux nazis ou à la gendarmerie française.
Lorsqu'on lit Le Diable en France, on est frappé de voir à quel point Lion Feuchtwanger est déçu par le pays qui lui a accordé pendant près de sept ans l'hospitalité pour finalement l'interner à deux reprises dans un « camp de regroupement ». Ce ne sont pas les Français dans leur ensemble qui suscitent la rage impuissante, la colère de l'homme de gauche, connu pour ses prises de positions antifascistes, et la révolte de l'écrivain traduit dans le monde entier et qui, soudain, a l'impression de ne plus être reconnu pour ce qu'il est. Ce qui choque Lion Feuchtwanger, c'est d'une part la collusion, sur le plan idéologique, qu'il perçoit entre le gouvernement français et les nazis, et d'autre part ce qu'il appelle le « je-m'en-foutisme », l'indolence et le laisser-aller des autorités et des administrations, la désorganisation totale du pays et l'indifférence des militaires face au sort qui attend ces milliers d'internés d'origine germanique et qui ont tout à craindre de l'avancée des troupes nazies. Il ressent les mesures d'internement comme la vengeance mesquine d'un État si faible qu'il fait payer à des individus sans défense l'inefficacité de son armée et la débâcle qu'elle subit en 1940 : « Les Français, note-t-il dans son journal le 1er juin 1940, sont de mauvais perdants. » Pour lui, le gouvernement Pétain, « de plus en plus fascisant », n'a rien à envier aux nazis : « Les loups ne se mangent pas entre eux », écrit-il, avant d'ajouter : « La radio française déforme de façon grotesque les faits et la réalité. Ce qui gouverne la France, ce qui l'a toujours gouvernée, c'est l'esprit du ministre de l'intérieur Fouché. »
C'est donc un homme désabusé, blessé et peut-être même aigri qui quitte ce pays qu'il considérait jusque-là comme une terre d'asile et qui, à ses yeux, a manqué à la mission qui échoit à la patrie des Droits de l'Homme.
Comment en est-on arrivé là? Comment le rapport qu'entretenait Lion Feuchtwanger avec la France a-t-il pu à ce point se dégrader?
La question mérite peut-être qu'on se penche un peu sur l'homme et sur l'écrivain.
Lion Feuchtwanger est né le 7 juillet 1884, à Munich, dans une famille de stricte obédience juive : enfant, ses journées commencent à 5 heures du matin avec la lecture de la bible. Ce qui ne l'empêche pas, devenu adulte, de se libérer de l'atmosphère un rien oppressante du milieu familial. C'est en partie pour y échapper qu'il renonce, après des études littéraires brillantes, à une carrière universitaire qui s'ouvre grand devant lui et préfère les délices de la bohème munichoise du tournant du siècle. Très vite, il prend sa place entre Frank Wedekind, Hugo von Hofmannsthal et Heinrich Mann qui dominent la scène littéraire. Il se fait d'abord un nom en tant que critique de théâtre avant de se lancer lui-même dans l'écriture.
La Première Guerre mondiale sera pour Lion Feuchtwanger une révélation : tandis que retentissent autour de lui les appels au patriotisme d'un autre âge lancés par des personnalités aussi célèbres que Thomas Mann ou Hugo von Hofmannsthal, Lion Feuchtwanger se définit comme un pacifiste résolu et engagé. Il met dès lors tout son talent au service de cette cause antimilitariste. En 1919, sa rencontre avec Bertolt Brecht, qu'il contribue à faire connaître, ne fera que le conforter dans ses convictions. Brecht l'aide à dépasser « le vieux Feuchtwanger idéaliste » et son esthétique désuète pour se tourner vers une problématique sociale et politique. Mais au contraire de son jeune ami, dont l'engagement trouvera son expression dans un militantisme marxiste actif, Lion Feuchtwanger développe une philosophie de la contemplation qui lui semble être la seule alternative à la violence : l'action ne peut mener qu'à une impasse, seul l'esprit est à même de dépasser les contradictions de l'être. Les troubles révolutionnaires qui éclatent dans l'Allemagne de 1918-1919 ne font qu'apporter à ses yeux une confirmation de son analyse. Cet antagonisme entre pensée et action marque toute son oeuvre et trouve sa manifestation littéraire dans l'abandon, comme forme d'expression, du théâtre qu'il juge désormais trop réducteur pour pouvoir rendre compte des réalités du temps et de la société. Au cours des années 20, il passera progressivement de la scène au roman, notamment historique, dont il veut faire une arme au service de la « conscience morale » et de l'humanisme.
C'est dans ce contexte que voit le jour le roman qui le rendra célèbre dans le monde entier : Le Juif Süss, accueilli en son temps par la critique comme un « chef-d'oeuvre du roman allemand ». C'est un roman historique dont l'action se situe au XVIIIe siècle et dans lequel on retrouve l'antagonisme action / contemplation au fil d'un récit dont le coeur est la lutte entre le pouvoir et l'argent, entre l'action et l'esprit. Le détournement de cette oeuvre par Veit Harlan, nazillon assez insignifiant qui en fait un film de propagande antisémite évidemment à l'opposé des intentions de Feuchtwanger, juif et intellectuel de gauche, est si grossier que de nos jours encore, le seul nom de Juif Süss est considéré comme le paradigme de l'antisémitisme, et que le monde en général, et les Français en particulier, ne connaissent de cette oeuvre que la seconde version dénaturée.
Dès l'année de sa parution, en 1925, Le Juif Süss est un succès considérable en Allemagne, le premier de Lion Feuchtwanger romancier. L'année suivante, une version anglaise conquiert le marché britannique et américain : Lion Feuchtwanger est devenu presque du jour au lendemain un auteur de renommée mondiale. Traduit en quinze langues, ce roman reste l'un des plus grands succès de la littérature allemande. L'hommage que lui rend Thomas Mann en 1954, à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, est éloquent. Son oeuvre, qu'il trouve « accessible, savoureuse, passionnante, légère sans manquer toutefois de solidité historique », était si célèbre en Angleterre et, plus tard, aux États-Unis, qu'il était devenu l'étalon à l'aune duquel on jugeait toute la production littéraire germanique. « Le plus grand compliment que l'on pouvait s'entendre dire, poursuit Thomas Mann, c'était : "It's nearly like Feuchtwanger" »
Le pacifisme militant, les idéaux humanistes affichés par le désormais célèbre Feuchtwanger et son engagement politique à gauche font de lui un auteur que la presse nazie des années vingt considère comme un ennemi à abattre. Lorsqu'il publie son roman Erfolg, en 1930, qui dénonce l'attentisme et l'aveuglement d'une société tout entière face à la montée du péril hitlérien, à un moment où personne ne semblait se préoccuper d'un parti qui, en 1928, recueillait à peine trois pour cent des voix, il devient véritablement l'ennemi numéro un des nazis. « Pour ce qui me concerne, écrit-il dans Erfolg, je crois que le seul moyen de changer le monde est de l'expliquer. Si on l'explique de façon plausible, on le transforme discrètement, par l'action permanente de la raison. Seuls ceux qui ne parviennent pas à trouver une explication plausible du monde choisissent de le changer par la violence. »
En novembre 1932, Lion Feuchtwanger se rend aux États-Unis, où il doit donner une série de conférences. Il ne se doute pas, alors, qu'il ne reverra plus jamais l'Allemagne. « Hitler is over », proclame-t-il devant son auditoire américain. Quelques semaines plus tard, la réalité apportera un démenti cruel à cette affirmation : le 30 janvier 1933, Hitler accède au pouvoir en Allemagne. Immédiatement, les SA mettent à sac la maison de l'écrivain à Berlin et confisquent ses biens. Le 23 août 1933, il figure sur la première liste d'hommes politiques et d'intellectuels que le gouvernement nazi prive de leur nationalité : sa foi dans la raison et le progrès, dans les idéaux de l'humanisme ne pouvaient que provoquer l'ire des nazis.
Lion Feuchtwanger se garde donc de rentrer en Allemagne. Lorsqu'il s'agit de choisir un lieu d'exil, il n'hésite pas : ce sera la France. Il a quarante-huit ans lorsqu'il s'installe, fin avril 1933, près de Toulon, à Sanary-sur-Mer, qui va devenir pendant près de sept ans le rendez-vous de l'intelligentsia allemande en exil. On y retrouve les représentants les plus éminents de la littérature et des arts. Heinrich Mann, Arnold Zweig et Ernst Toller y résident, Thomas Mann, Franz Werfel, Piscator et Bertolt Brecht, l'ami et complice de toujours, s'y retrouvent fréquemment.
Pour Lion Feuchtwanger, ces années vont être d'une grande fécondité littéraire. Pas moins de cinq romans y verront le jour. L'intrusion brutale de la politique dans son existence font de lui ce qu'il appelle un « citoyen engagé » qui n'hésite plus à participer activement, par le biais d'écrits politiques, au combat contre le fascisme. Avec Heinrich Mann et Bertolt Brecht, il est l'un des représentants les plus célèbres et les plus entreprenants de l'émigration allemande. Il publie des articles dans toutes sortes de revues internationales, appartient à différents comités antifascistes et cherche à fonder, avec Bertolt Brecht, un « Front populaire des Émigrés ».
À partir de cette époque, ses romans prennent donc une coloration plus politique : il est convaincu que la littérature a un rôle à jouer dans le combat contre le fascisme, il croit au pouvoir des mots et considère dès lors sa plume comme une arme contre l'État nazi. Trois romans, écrits pendant les années d'exil en France, traduisent cette évolution : Les Frères Oppermann et Exil sont pour Lion Feuchtwanger des oeuvres délibérément « anti-hitlériennes ». Le Faux Néron , écrit en 1936, publié à Amsterdam et interdit par le gouvernement nazi, est une oeuvre de fiction historique où le travestissement de l'histoire sert à mieux démasquer les aberrations du présent, tant il est vrai que « les contours d'une chaîne de montagne se voient mieux quand on les regarde de loin » . L'ascension de Néron-Hitler, l'ambition mise au jour par ses sbires, Knops-Goebbels et Trébon-Goering sont là pour nous montrer comment la perversion des valeurs morales et politiques peut mener à une dictature comme celle du IIIe Reich. Le roman historique est pour Lion Feuchtwanger l'occasion de montrer « le combat mené par une minorité d'esprits éclairés et lucides contre la majorité de tous ceux qui sont aveuglés, se laissent conduire par leur seul instinct et sont dépourvus de jugement. » Et il conclut : « Le roman historique me semble être une arme qui pourra nous être fort utile dans ce combat sans fin. »
Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, Feuchtwanger vient à peine de terminer Exil, un roman qui s'attache à décrire les conditions de vie des opposants au régime nazi qui ont trouvé refuge en France. C'est à ce moment qu'interviennent, à quelques mois de distance, les deux mesures d'internement dont il fera l'objet : en 1939 d'abord, puis au moment de la débâcle, moins d'un an plus tard.
Le 3 septembre 1939, la France entre en guerre contre l'Allemagne. Le même jour, le gouvernement publie un décret qui prévoit l'internement de tous les étrangers de sexe masculin, d'origine allemande et âgés de 17 à 65 ans aux fins de vérification de leur statut : il s'agit des fameux « triages » dont parle Lion Feuchtwanger dans Le Diable en France et qui avaient officiellement pour but de permettre de faire le tri entre les réfugiés politiques qui avaient fui l'Allemagne nazie et les autres ressortissants du Reich. Cette décision s'appuyait sur un décret du gouvernement Daladier, en date du 12 novembre 1938, qui autorisait la mise en résidence surveillée des réfugiés politiques qui n'étaient pas en possession d'une autorisation de séjour en bonne et due forme sur le territoire français. Les premiers étrangers qui subirent les effets de ce décrets furent les Républicains espagnols qui avaient cherché refuge en France après la fin de la guerre d'Espagne. Ces camps – installés dans le Midi de la France, près d'Argelès, Saint-Cyprien et Barcarès, de même qu'à Gurs et Le Vernet, dans les Pyrénées – furent les premiers du genre en France. Lion Feuchtwanger venait à peine d'être reçu par le Président de la République Albert Lebrun, qu'il fut interné pour la première fois aux Milles, ancienne tuilerie près d'Aix-en-Provence, reconvertie pour servir de lieu de détention aux étrangers d'origine germanique. Les protestations qui s'élevèrent et la solidarité que de nombreuses personnalités françaises manifestèrent à l'écrivain eurent pour effet de le faire libérer très rapidement, le 27 septembre 1939. Un grand nombre des Allemands et des Autrichiens internés à cette époque purent également regagner leur domicile au bout de quelques semaines : ce fut le début de la « drôle de guerre », qui se termina brutalement le 10 mai 1940, lorsque les troupes hitlériennes envahirent le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique avant d'avancer sur le territoire français.
La débâcle qui commença alors valut aux Allemands, aux Autrichiens et aux ressortissants germanophones de l'Europe centrale une deuxième mesure d'internement, le 18 mai 1940. Le 21 mai, Lion Feuchtwanger se rend donc de nouveau au camp des Milles, et c'est cette détention, puis la fuite éperdue vers Bayonne et enfin le retour vers Nîmes que relate Le Diable en France.
Dans ce récit autobiographique, l'attitude critique de Lion Feuchtwanger vis-à-vis de la France est d'autant plus virulente qu'il est attaché au plus profond de lui-même aux valeurs et aux traditions républicaines du pays des Lumières, à sa douceur de vivre, à son style de vie. Pendant les années de guerre qu'il passe à New York d'abord, puis en Californie, il écrit ce que l'on pourrait considérer comme le pendant littéraire du Diable : le roman Simone, qui montre sans détour ce que Lion Feuchtwanger pensait d'une certaine bourgeoisie française collaborationniste, mais aussi l'admiration qu'il éprouve à l'égard du « petit peuple de France » qui sauve l'honneur du pays : Simone Planchard, jeune fille de quinze ans, est pour ainsi dire la réincarnation de Jeanne d'Arc face à l'invasion ennemie. Lion Feuchtwanger pense que ce ne sont pas les Anglais qui ont conduit Jeanne au bûcher ; et si la France subit la débâcle et l'occupation, ce sont les Français eux-mêmes qui en portent la responsabilité, parce qu'ils se sont pliés avec trop d'empressement aux exigences de l'ennemi.
Pourtant, trois romans parmi les plus importants de son oeuvre témoignent que l'attachement de Lion Feuchtwanger à la France et aux valeurs universelles qu'elle représente à ses yeux n'a pas souffert des déconvenues qu'il a subies en France : Exil, cité plus haut, mais aussi Les Renards dans les vignes (1947) et Mort et transfiguration de Jean-Jacques Rousseau (1952), trois oeuvres qui prouvent l'intérêt qu'il porte toujours à l'histoire et au devenir de la France, et qui montrent, s'il en était besoin, que la douloureuse expérience de 1939-1940 n'a pas entamé l'admiration qu'il éprouve à l'endroit du peuple français.
Il n'en reste pas moins que ce document pose avec une acuité nouvelle le problème du rapport que la France entretient avec ce passé difficile. Si personne ne conteste la force et la détermination de la Résistance pendant cette période douloureuse de l'Histoire de France, les différentes « affaires » qui émaillent la chronique judiciaire française depuis quelques années – du procès Barbie à l'affaire Bousquet en passant par les démêlés de Maurice Papon avec la Justice française – tendent cependant à montrer que le discours officiel, toutes tendances politiques confondues, a cherché plus ou moins délibérément à occulter une partie de cette histoire-là, au point que l'existence même d'un camp comme celui des Milles est inconnue de la plupart des Français d'aujourd'hui.
Si ces camps d'internement et le sort de leurs détenus n'ont évidemment rien à voir avec les camps de la mort où le régime nazi a exterminé des millions de gens, force est de constater que plus de cinquante ans plus tard, la confrontation avec un passé dont bien des aspects restent assez troubles ne peut que contribuer à rétablir une vérité historique trop longtemps négligée. Après la promulgation des loi antijuives de Vichy, tous ces camps ont servi à rassembler des milliers de personnes qui seront ensuite déportées vers les camps nazis, participant ainsi aux crimes les plus abominables de l'Histoire.
En ce sens, l'expérience de Lion Feuchtwanger et sa critique virulente de l'attitude de la France pendant cette période ne peuvent que susciter l'intérêt des citoyens que nous sommes.