Donner des repères historiques qui ont marqué le devenir de l'Allemagne - de Charlemagne à la chute du Mur de Berlin ; comprendre comment l'unification s'est réalisée et quelles en sont les répercussions politiques, économiques, sociales et humaines pour l'Allemagne et l'Europe ; permettre une approche synthétique, mais néanmoins précise, de l'Allemagne d'aujourd'hui et de demain - à travers sa géographie politique, ses institutions, son économie, son système éducatif et social, tels sont les objectifs de cet ouvrage.
Des informations claires et actuelles, étayées par des cartes et des graphiques, dessinent le portrait de l'Allemagne appelée, dans les années qui viennent, à jouer un rôle déterminant sur la scène européenne et mondiale.
Un glossaire français-allemand et un index exhaustif sont des outils supplémentaires pour les lecteurs : en priorité les étudiants de 1er cycle, spécialistes ou non ; les élèves des classes préparatoires ; mais aussi toute personne souhaitant approfondir ses connaissances de ce pays.
La période qui suit la guerre de Trente ans est marquée par deux phénomènes politiques majeurs qui vont déterminer pour longtemps l'avenir politique de l'aire germanique : la résurgence des Habsbourg en Autriche et la naissance de la Prusse. C'est autour de ces deux " poids lourds " politiques, économiques et militaires, tantôt alliés, tantôt ennemis que le destin d'une Allemagne unie va se sceller au cours des deux siècles et demi qui vont suivre.
C'est sous le règne de Léopold Ier (1657-1705) que l'Autriche, et avec elle les Habsbourg, va retrouver sa position de grande puissance en Europe. L'extension territoriale d'un État étant plus importante aux yeux des puissants que sa cohésion interne, fondée sur l'unité du peuple, de la culture et de la langue, l'Autriche s'engage dans une politique d'expansion vers le sud-est. Dès 1686, la Hongrie est arrachée à l'Empire ottoman et rattachée à la couronne. En 1699, c'est au tour de la Transsylvanie, de la Slovénie et de la Croatie. Cette politique d'expansion trouve un terme provisoire en 1717 avec la paix de Passarovitz qui attribue à l'Autriche Belgrade et une grande partie de la Serbie.
Si les liens qui unissent les différentes parties du royaume sont extrêmement dissolus à cause de la diversité ethnique et culturelle des peuples qui la composent, cet accroissement territorial, outre qu'il confère à l'Autriche un statut de grande puissance européenne comparable à celui de la France, a également assuré pour plus de deux siècles l'influence et la présence germaniques dans les Balkans.
L'Électorat de Brandebourg (Kurfürstentum Brandenburg) s'est constitué au fil des âges, à partir du XIIe siècle, sous la houlette des Hohenzollern. Le duché de Prusse, fondé au Moyen Âge par les moines-soldats de l'Ordre teutonique, n'a été rattaché à l'Électorat qu'en 1618. Sur ce territoire colonisé, la loi première est que le monde doit être conquis chaque jour avec une ardeur renouvelée. C'est donc un esprit pionnier et conquérant qui anime le colon, et le sentiment de supériorité qu'il éprouve vis-à-vis des peuples qu'il soumet marquera pour longtemps la mentalité des hobereaux (Junker) du Brandebourg et explique en partie une structure sociale quasi féodale et fortement hiérarchisée. Liés très étroitement aux ordres religieux qui, au Moyen Âge, annonçaient les Évangiles aux barbares, les colons allemands savent manier le prêche aussi bien que l'épée et la charrue. Augmenter leurs possessions et leur territoire, et donc leur pouvoir et leur richesse, est l'objectif prioritaire.
Lorsque le Grand Électeur (Kurfürst) Frédéric Guillaume Ier (Friedrich-Wilhelm I., 1640-1688) monte sur le trône de Brandebourg, en 1640, l'Allemagne est encore sous le coup de la guerre de Trente ans. Les finances de ce petit État sont en décomposition, et la noblesse oppose une forte résistance au pouvoir du Grand Électeur. Frédéric Guillaume n'a qu'une obsession : faire de son pauvre pays un véritable État sur le modèle français. En cela, la décision de Louis XIV de révoquer l'Édit de Nantes a contribué à réaliser ce dessein : cette décision revenait sur la liberté confessionnelle qui avait été accordée aux protestants, a provoqué un exode massif des Huguenots vers l'étranger, et en particulier vers l'Allemagne. Nombre d'entre eux se sont installés sur ces terres presque vierges du Brandebourg. Au début du XVIIIe siècle, les Huguenots représentaient près du tiers de la population totale du pays. Quand on sait qu'ils faisaient souvent partie de l'élite française, on imagine le formidable élan qu'a représenté pour le Brandebourg leur arrivée et leur intégration. C'est en grande partie grâce aux Huguenots, grâce à leur compétence, à leur sens de l'autorité et de l'obéissance, que la Prusse a pu constituer, puis améliorer son administration et son armée et devenir ainsi l'une des toutes premières puissances d'Europe, capable de se mesurer aux plus grands. Le Grand Électeur parvient à casser l'opposition de la noblesse, constitue une petite armée et s'applique à agrandir son territoire. Sa politique un rien opportuniste et qui consiste, en cas de conflit entre États, à rester neutre aussi longtemps que possible pour se ranger au dernier moment derrière le plus fort, lui permet d'asseoir son indépendance, en monnayant le moment venu son soutien par des concessions territoriales.
À l'intérieur, il entreprend la réorganisation totale de l'État dont les domaines sont confiés à une administration puissante et soumise. Parallèlement, l'économie et l'agriculture sont développées, une armée de 36000 soldats de métier est créée.
Son successeur, Frédéric III (Friedrich III., 1657-1713) de Brandebourg, davantage préoccupé par l'éclat et le faste de son règne que par la stabilité intérieure du pays, cherche à " redorer son blason " en acquérant le titre de roi. En 1701, l'Empereur lui permet de prendre le nom de Frédéric Ier (Friedrich I., König in Preußen), " Roi en Prusse ": dans un premier temps, en effet, il ne portera ce titre qu'en Prusse (c'est-à-dire dans le territoire qui prendra plus tard le nom de Prusse orientale (Ostpreußen), qui ne faisait pas partie, alors, du Saint-Empire, alors qu'il restera duc, markgrave et comte dans ses autres possessions.
Mais le véritable fondateur de ce qui devait devenir la Prusse, c'est le " roi-sergent " (Soldatenkönig), Frédéric Guillaume Ier de Prusse (1713-1740), fils du fondateur de la monarchie. Il poursuit avec acharnement la politique intérieure et extérieure initiée par son grand-père avec comme objectif un État centralisé et symbolisé par la personne de son souverain. Pour ce faire, il entreprend une vaste réforme administrative abolissant tous les privilèges qui restaient encore aux états ou aux villes. Plus encore que ses prédécesseurs, il s'attache à développer son armée, tant qualitativement que quantitativement. À la fin de son règne, elle compte 83 000 hommes.
On peut dire qu'avec sa politique, le roi de Prusse a fondé le premier véritable État moderne au sens où nous l'entendons aujourd'hui : le principe fondamental en est la subordination de tous les intérêts particuliers à l'intérêt supérieur de l'État. C'est en imprimant cette mentalité à ses sujets que Frédéric Guillaume Ier a préparé la Prusse à ce rôle de grande puissance qui allait être le sien dans les décennies à venir.
C'est ainsi que se sont donc constitué les deux pôles politiques essentiels de l'Allemagne qui, jusqu'à la victoire prussienne de Sadowa (1866) et la proclamation du IIe Reich en 1871, ne cesseront de se disputer la première place en Allemagne, ce qui fait dire à certains historiens que le XVIIIe et le XIXe siècle sont marqués par le " dualisme allemand ".
Quand on songe que la division de l'Allemagne a duré près d'un demi siècle, et même si la conscience d'être une nation divisée n'a jamais disparu chez les Allemands, de l'ouest comme de l'est, il n'en reste pas moins que quarante-cinq ans de division ont laissé des traces. Si les plus âgés des Allemands ont eu plus de difficultés à accepter cette partition, les plus jeunes d'entre eux avaient fini par l'intégrer comme un élément normal. On a ainsi assisté, au cours des années soixante-dix et des années quatre-vingt à la naissance d'une sorte de " sentiment national " dans les deux parties de l'Allemagne, les citoyens de RFA et de RDA se sentant plus proches de leurs voisins respectifs (les pays de la Communauté européenne pour les premiers, les pays de l'est pour les seconds) que de leurs " frères et soeurs " de l'autre partie de l'Allemagne. C'est ce qui faisait dire à bien des intellectuels et hommes politiques de l'ex-RFA, au début des années quatre-vingt que l'unification était une utopie irréalisable. Rien d'étonnant, donc, à ce que les problèmes posés par l'unification restent nombreux, à l'est comme à l'ouest.
Comme nous l'avons vu plus haut, c'est une société assez " nombriliste ", préoccupée essentiellement de son bien-être qui va au-devant de la réunification en 1989-1990. Ce qui ne signifie évidemment pas que les Allemands de l'Ouest ne se soient pas sincèrement réjouis de cette évolution inattendue de l'Histoire, mais il semble qu'ils aient un peu idéalisé cette unification qui était inscrite en filigranes depuis les débuts de la République fédérale.
Une fois confrontés à la réalité, c'est-à-dire aux contraintes économiques que la nouvelle situation induisait et dont la majorité des Allemands de l'Ouest n'avaient pas conscience --- soit parce que le gouvernement de Bonn lui-même n'a pas mesuré l'étendue de la tâche, soit parce qu'il a cherché à l'édulcorer, en partie pour des raisons de politique électorale ----, les Allemands de l'Ouest ont commencé à déchanter. Les sacrifices matériels qu'allait leur demander cette unification sont apparus comme insupportables à bien des citoyens de l'ex-RFA : augmentation des impôts, des charges sociales, prélèvements spéciaux pour la reconstruction de l'est, etc. Mais c'est probablement le fossé qui s'était creusé pendant près d'un demi-siècle qui a été le plus sensible : le choc de deux cultures, de deux histoires et de deux mentalités explique pourquoi, assez rapidement, des réticences plus ou moins marquées, voire, parfois, une hostilité à peine voilée se sont fait jour très rapidement après l'unification.
L'arrogance que certains Européens reprochaient parfois jusque-là aux Allemands de l'Ouest se fit sentir désormais vis-à-vis des Allemands de l'Est : les citoyens de l'ex-RFA, sûrs de leur bon droit, persuadés - non sans raison - d'avoir édifié l'un des régimes les plus démocratiques du monde, fiers de leur réussite économique et du bien-être qu'elle a entraîné, ont tendance à se comporter vis-à-vis de leurs nouveaux concitoyens comme des donneurs de leçons. Pour les Allemands de l'ouest, ceux qu'ils ne tardent pas à surnommer les " Ossis " posent des problèmes qui leur semblent parfois insurmontables, en particulier dans le monde du travail, où l'intégration des Allemands de l'est a été souvent douloureuse parce qu'il leur a été difficile de s'adapter du jour au lendemain à la loi du marché et à la culture d'entreprise qui suppose la recherche de la compétitivité et de la productivité, toutes choses qui ne faisaient pas partie de leur univers en RDA.
Enfin, les Allemands de l'ouest ont eu souvent le sentiment que leurs cousins de l'est attendaient tout du gouvernement de Bonn, qu'ils n'étaient pas prêts à faire les efforts d'adaptation nécessaires, voire qu'ils se considéraient un peu comme les victimes du régime communiste, donnant souvent l'impression de revendiquer comme un dû le niveau de vie que leurs cousins occidentaux avaient mis quarante ans à obtenir et dont personne ne leur avait fait cadeau.
Tout ceci explique pourquoi, quelques mois à peine après le " tournant " (Wende) de novembre 1989, certains Allemands de l'Ouest commençaient déjà à regretter la chute du Mur.
Cette désillusion ne tarda pas non plus à apparaître en ex-RDA, même si ceux qui souhaitent un retour en arrière vers l'ancienne RDA constituent une toute petite minorité. Mais il est indéniable qu'une grande partie de la population regretta dès les premiers mois de l'unification certains avantages sociaux et une façon de vivre qui avaient été les leurs en RDA. Un comble, quand on sait à quel point une majorité des Allemands de l'est aspiraient à un mode de vie occidental.
Entre l'adoption sans autre forme de procès du système politique ouest-allemand, considéré à priori comme plus légitime sur le plan démocratique, et l'opposition des niveaux de vie, des économies et des systèmes sociaux, les Allemands l'Est ont développé assez rapidement le sentiment d'être considérés par la majorité de leurs concitoyens de l'Ouest comme des citoyens de seconde zone. Les Wessis n'ont pas tardé à être ressentis comme des Allesbesser-wessis, des " Monsieur-Je-sais-tout " qui écrasent leurs nouveaux compatriotes tant sur le plan économique que culturel au sens large : nombreux étaient les Allemands de l'Est qui se sentaient sous la tutelle politique, économique et " morale " de l'ouest. Et le sentiment dominant, dans l'ex-RDA était et reste que presque tout, à l'Est, a changé depuis 1990, alors que presque rien n'a changé à l'Ouest : ainsi s'exprime le sentiment de bien des Allemands de l'Est d'avoir tout simplement été " rachetés " par l'Allemagne de l'Ouest, celle-ci imposant à ceux-là ses normes politiques, économiques et sociales, puisqu'avec l'unification, 45 ans d'histoire est-allemande ont purement et simplement été annulés. Le choc culturel et identitaire a été rude pour une population dont une partie au moins avait cru aux principes et aux valeurs de leur pays.
C'est dire si le problème que l'Allemagne avait à résoudre, de ce point de vue, ne se limitait pas à une unification politique sur le papier, soutenue par tous les discours officiels plus ou moins lénifiants. Il fallait résorber un fossé économique et culturel au sens large qui s'était creusé entre l'ex-RFA et l'ex-RDA. Les " frères et soeurs " orientaux du 9 novembre 1989 étaient devenus, sans même qu'on s'en rende compte, les " perdants " d'une unification, qui, malgré tous les principes égalitaires proclamés haut et fort, entérineraient une société à deux vitesses.
Pourtant, on ne peut négliger, dans ce contexte, le poids du passé pour les citoyens de l'ex-RDA. Pendant près d'un demi-siècle, ils ont été maintenus dans un état de dépendance et d'absence d'autonomie qui explique en grande partie leurs difficultés à s'adapter aux lois du marché et de la concurrence.
Comme dans la plupart des régimes communistes d'Europe de l'Est, les Allemands de RDA étaient devenus, à leur corps défendant, des citoyens plus ou moins assistés, attendant que tout leur vienne d'en haut, se plaignant certes de leur modeste niveau de vie, mais s'en contentant par ailleurs : mieux valait une sécurité relativement modeste que l'aisance soumise aux aléas d'une société occidentale ressentie certes comme plus riche et plus libre, mais aussi comme plus inégalitaire.
Quand on sait que le chômage, officiellement, n'existait pas en RDA, on imagine aisément les difficultés auxquelles les travailleurs est-allemands ont été confrontés après l'unification. Outre que les cadences de travail en Occident n'avaient rien à voir avec celles auxquelles ils étaient habitués en RDA, il fallait du jour au lendemain s'adapter à la loi du marché, c'est-à-dire faire preuve de compétitivité, d'ardeur au travail, d'initiative, toutes choses que le régime de RDA ne leur avait pas inculquées et qui, souvent, ne faisaient pas partie de leur univers mental.
C'est, outre des considérations strictement économiques, l'une des raisons pour lesquelles les entreprises, et notamment les entreprises ouest-allemandes, ont massivement licencié le personnel des entreprises de RDA qu'elles avaient rachetées pour embaucher des salariés plus performants à leurs yeux et adaptés au système économique désormais en vigueur. La précipitation avec laquelle l'unification a été réalisée n'a pas laissé aux Allemands de l'Est le temps nécessaire pour un début d'adaptation à une société capitaliste qu'ils ne connaissaient que par ouï-dire.
Il est clair que pour les populations auxquelles on avait peu ou prou annoncé l'eldorado après l'unification, la déception a été immense, au point que, là aussi, aujourd'hui encore, le " Mur dans les têtes " reste une réalité. Un signe infaillible qui traduit les craintes des Allemands de l'est devant l'avenir est la chute vertigineuse de leur taux de natalité après 1990, même si la situation s'améliore un peu depuis 1996.
Une mutation des mentalités
Pour combler ce fossé, pour dépasser ces clivages, les années qui viennent seront déterminantes. Tant les Allemands de l'Ouest que ceux de l'Est devront tenter de se rapprocher et de mieux comprendre l'autre. Cela suppose que ceux de l'ouest abandonnent un peu de leur superbe et cessent de considérer les Allemands de l'est comme des citoyens de seconde zone ou comme des assistés, et que les Allemands de l'est apprennent à vivre dans ce nouvel environnement. Le défi est grand, et il faudra probablement au moins une génération pour surmonter complètement ces difficultés.
Gageons que l'essor de l'économie, à l'est, et, partant, l'amélioration du niveau de vie, soutiendront efficacement les changements politiques et culturels que l'unification a induits de part et d'autre.
Pendant près de 50 ans, le statut de la RFA a été un statut on ne peut plus particulier : si elle était l'une des toutes premières puissances économiques du monde, elle se cantonnait dans un rôle très effacé sur la scène politique internationale. Certains disaient même que l'Allemagne, courbant l'échine sous le poids de la responsabilité après la Deuxième Guerre mondiale, n'était en fait qu'un nain politique, fuyant toute responsabilité et cherchant à refaire sa virginité politique en accordant des soutiens financiers conséquents à ses partenaires, en particulier européens.
Helmut Schmidt, dans les années 70, fut le premier responsable politique de haut rang à revendiquer un statut autre pour l'Allemagne que celui de " vache à lait " de l'Europe, sous prétexte de faute historique. L'unification de l'Allemagne pourrait bien avoir une influence sur sa façon de se comporter sur la scène internationale.
Avec l'unification, l'Allemagne a recouvré une souveraineté pleine et entière qui lui avait été refusée depuis 1945. Certes, elle avait recouvré la plupart de ses attributs de souveraineté dès 1955, mais le fait que les Alliés aient conservé leurs " droits réservés " sur l'Allemagne et Berlin jusqu'en 1990 faisait tout de même de ce pays une entité à part dans le concert des nations.
En retrouvant cette souveraineté, soutenue par son énorme puissance économique, l'Allemagne non seulement peut espérer jouer un rôle accru dans les affaires internationales, mais elle y est engagée par ses partenaires occidentaux qui lui reprochent, jusqu'ici, une certaine timidité dans ses prises de positions ou ses actions, depuis 1990, concernant les problèmes de politique et de sécurité qui ont préoccupé le monde depuis l'unification allemande. Il suffit de rappeler les engagements internationaux au cours de la guerre du Golfe, en 1991, de la crise somalienne, ou de la guerre qui a déchiré l'ex-Yougoslavie depuis 1992, où l'Allemagne a souvent joué un second rôle, soit en se contentant d'une participation financière (la Guerre du Golfe), soit en se limitant à des actions de nature humanitaire (Somalie). Les premières véritables interventions de l'Allemagne, dans le cadre de l'OTAN, ont eu lieu en Yougoslavie, où la présence de la Luftwaffe, pour la première fois depuis 1945, a marqué un tournant dans la politique suivie par Bonn, même si son rôle s'est borné à faire respecter l'interdiction de vol des appareils de l'ex-Yougoslavie.
Ayant retrouvé un statut " normal " parmi les autres nations, l'Allemagne, tout comme le Japon, l'autre " vaincu " de la dernière guerre, s'est sentie en mesure de demander aux Nations Unies d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité, ce qui confirme la volonté de la nouvelle Allemagne d'assumer désormais ses responsabilités politiques sur la scène internationale, même si certains, en RFA, craignent qu'une telle attitude n'entraîne des " prises de position politiques " qui pourraient s'avérer néfaste pour l'économie de l'Allemagne, qui a en fait profité de sa " neutralité " relative pendant près de cinquante ans.
